vendredi 20 février 2026

Article - L'éloge de l'imperfection


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Et si le “défaut” devenait enfin désirable ?
Dans les allées d’EspritMeuble, une idée s’impose : le standard fatigue.
Le consommateur veut du vivant, du singulier, du vrai.
Et l’imparfait, loin d’être un risque, redevient une signature.


Réalisé en partenariat avec Marie-Claire Maison et organisé par Valérie Charier, ce talk mené par Jérôme Libeskind a mis des mots sur une tendance de fond : l’unicité s’invite dans la série. Valérie CHARIER, cheffe de Service Pôle MaisonMarie Claire Maison, défend une évolution claire : “Il y a une vraie volonté de s’éloigner de la production en série… pour aller vers un objet produit en série, mais pas exactement identique.” En clair : on fabrique… et on introduit volontairement une variation.

Wabi-sabi : la perfection n’est plus l’objectif
La source est assumée. “Comme souvent en ce moment, cette tendance vient d’Asie et du Japon”, rappelle-t-elle, en citant le wabi-sabi, qui célèbre “la beauté de l’imperfection et de l’impermanence”. L’idée est simple : la nature ne duplique jamais. “Les feuilles, les plantes, les arbres ne sont jamais identiques.” L’harmonie naît de cette irrégularité.

Du mass market au premium : l’imparfait s’industrialise
La nouveauté, c’est l’échelle. Cette esthétique se décline “du meuble aux luminaires, aux objets”, y compris en grande série. Exemple mass market : Maisons du Monde et sa collection “Bohemian”. Le motif est “pré-imprimé” puis “repeint à la main”, donc forcément irrégulier. Côté segments plus premium, Valérie Charier évoque Roche Bobois, qui travaille des tables d’appoint en grès avec “plusieurs couches de pigment” et des cuissons successives : “D’une cuisson à l’autre… ce ne sera jamais exactement le même motif.” Ici, l’imperfection n’est pas un accident : c’est un procédé.

Main humaine, matière vivante, process assumé
Derrière le “pas pareil”, trois moteurs : la main (“elle n’est pas robotisée”), le matériau (marbre, bois, céramique : veinages, réactions, patines), ou une mécanique de production qui accepte la part d’aléatoire. La question posée sur le plateau résume l’époque : artisanat industrialisé ou industrie artisanale ? Pour Valérie Charier, les marques cherchent surtout “l’authenticité” et “ce côté unique”.

Personnalité, durabilité, seconde main : même combat
Le consommateur veut se distinguer. “Plus personne n’a envie d’avoir un intérieur standardisé avec du beige partout.” Couleurs, textures, matières : l’intérieur devient expression. Et il doit durer. Exemple : Tikamoon et son “rachat à vie” : un meuble en bois massif repris, réparé, remis en circuit. Cela impose d’accepter la trace, la réparation, la patine — et donc de revaloriser l’imperfection. “Un objet patiné, c’est un objet qui prend de la valeur.” Même le vocabulaire suit : on dit “seconde main”, plus “occasion”, preuve d’une valeur perçue plus premium.

EspritMeuble
Visionner la table ronde ici : L’éloge de l’imperfection

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Le consommateur veut du vivant, du singulier, du vrai.
Et l’imparfait, loin d’être un risque, redevient une signature.


Réalisé en partenariat avec Marie-Claire Maison et organisé par Valérie Charier, ce talk mené par Jérôme Libeskind a mis des mots sur une tendance de fond : l’unicité s’invite dans la série. Valérie CHARIER, cheffe de Service Pôle MaisonMarie Claire Maison, défend une évolution claire : “Il y a une vraie volonté de s’éloigner de la production en série… pour aller vers un objet produit en série, mais pas exactement identique.” En clair : on fabrique… et on introduit volontairement une variation.

Wabi-sabi : la perfection n’est plus l’objectif
La source est assumée. “Comme souvent en ce moment, cette tendance vient d’Asie et du Japon”, rappelle-t-elle, en citant le wabi-sabi, qui célèbre “la beauté de l’imperfection et de l’impermanence”. L’idée est simple : la nature ne duplique jamais. “Les feuilles, les plantes, les arbres ne sont jamais identiques.” L’harmonie naît de cette irrégularité.

Du mass market au premium : l’imparfait s’industrialise
La nouveauté, c’est l’échelle. Cette esthétique se décline “du meuble aux luminaires, aux objets”, y compris en grande série. Exemple mass market : Maisons du Monde et sa collection “Bohemian”. Le motif est “pré-imprimé” puis “repeint à la main”, donc forcément irrégulier. Côté segments plus premium, Valérie Charier évoque Roche Bobois, qui travaille des tables d’appoint en grès avec “plusieurs couches de pigment” et des cuissons successives : “D’une cuisson à l’autre… ce ne sera jamais exactement le même motif.” Ici, l’imperfection n’est pas un accident : c’est un procédé.

Main humaine, matière vivante, process assumé
Derrière le “pas pareil”, trois moteurs : la main (“elle n’est pas robotisée”), le matériau (marbre, bois, céramique : veinages, réactions, patines), ou une mécanique de production qui accepte la part d’aléatoire. La question posée sur le plateau résume l’époque : artisanat industrialisé ou industrie artisanale ? Pour Valérie Charier, les marques cherchent surtout “l’authenticité” et “ce côté unique”.

Personnalité, durabilité, seconde main : même combat
Le consommateur veut se distinguer. “Plus personne n’a envie d’avoir un intérieur standardisé avec du beige partout.” Couleurs, textures, matières : l’intérieur devient expression. Et il doit durer. Exemple : Tikamoon et son “rachat à vie” : un meuble en bois massif repris, réparé, remis en circuit. Cela impose d’accepter la trace, la réparation, la patine — et donc de revaloriser l’imperfection. “Un objet patiné, c’est un objet qui prend de la valeur.” Même le vocabulaire suit : on dit “seconde main”, plus “occasion”, preuve d’une valeur perçue plus premium.

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